Le binôme Pennavel est désormais un trinôme. Q Energy, filiale du groupe industriel coréen Hanwha, a rejoint le groupe belge Elicio et l’allemand Baywa re au capital du consortium maître d’œuvre du parc éolien flottant de Bretagne sud. Chacun détient un tiers des parts. Q Energy renoue ainsi avec l’AO5, pour lequel elle avait candidaté sous la bannière Océole en 2022.
L’arrivée d’un nouvel actionnaire permet de préparer les étapes à venir qui vont nécessiter des fonds, explique Jérôme Hilt, directeur de Pennavel. À ce stade, le projet de 250 MW est en phase de développement. Sa construction au large de Groix et Belle-Île devrait démarrer en 2030 pour une mise en service à horizon 2032. À ce stade, Pennavel doit encore déterminer certains paramètres techniques fondamentaux comme le choix des ancrages et des flotteurs.
La volonté affichée de Pennavel est de rester aux manettes du parc éolien Bretagne sud pendant toute la durée de vie du projet, y compris les phases d’exploitation et de démantèlement, précise Ken Ilacqua, directeur offshore de Q Energy.
Viabilité économique
L’arrivée de Q Energy, un acteur solide qui compte 300 salariés en France et dont le siège est à Avignon, intervient alors que l’un des deux membres historiques de Pennavel, Baywa re, est en difficulté financière, et a récemment dû revoir à la baisse ses prévisions pour 2028.
Au point que certains s’interrogent sur la viabilité de Pennavel. En témoigne la question écrite de la députée écologiste Dominique Voynet, publiée au Journal officiel le 10 mars, dans laquelle elle évoque la fragilité préoccupante du projet, en raison du manque d’expérience d’Elicio et de Baywa re dans l’éolien flottant, et des difficultés de Baywa, qui accuse des pertes nettes de 1,6 milliard d’euros en 2024 ; sa dette cumulée s’élève à 5 milliards d’euros. […] La stabilité économique du groupe est remise en cause.
Fondamentaux solides
L’arrivée de Q Energy, acteur expérimenté lauréat au sein du consortium Ailes marines de l’AO1 de Saint-Brieuc en 2012 – le groupe Hanwha ayant racheté la filiale française du britannique RES en 2021 –, pourrait aider à rassurer. Mais Jérôme Hilt insiste sur le fait que ce rapprochement n’est pas à mettre en lien avec les difficultés de Baywa re. Au contraire, selon le directeur de Pennavel, l’entrée de Q Energy confirme la solidité [des] fondamentaux [de Pennavel].
En parallèle, la filiale de Hanwha et Elicio, accompagnés de Valorem, candidatent ensemble au sein du consortium Astenn Avel, à l’AO9 pour le second parc éolien flottant de Bretagne sud, de 500 MW, dont ils sont impatients de connaître le cahier des charges.